Kévin Malcuit, vainqueur de la Coupe d'Italie avec Naples. (Maurizio Borsari/AFLO/Presse Sports)
Ligue des Champions - Naples

Kévin Malcuit (Naples) : « J'ai touché cinq fois mon genou »

Alors que Naples joue ce samedi face au FC Barcelone en Ligue des champions, son latéral droit Kévin Malcuit, victime d'une rupture des ligaments croisés au genou droit en octobre, a enfin renoué avec la compétition, fin juillet. Avant d'entrer en jeu, il appréhendait un peu.

Quand Gennarro Gattuso l'a envoyé s'échauffer, mardi, Kévin Malcuit n'y a cru qu'à moitié. Quelques minutes plus tard, son entraîneur l'a pourtant bien fait entrer en jeu sur le terrain de l'Inter, pour le plus grand bonheur du latéral droit (29 ans). L'ancien joueur de Saint-Etienne et de Lille, proche de Dries Mertens, a renoué avec la compétition, neuf mois après sa rupture des ligaments croisés du genou droit. C'est tout sourire qu'il nous a raconté ce grand retour, lui qui a connu une rééducation tronquée par le confinement. Malcuit évoque aussi la C1 et sa relation particulière avec Gattuso, qui n'arrête pas de le « taquiner ».
« Racontez-nous votre retour à la compétition, mardi 28 juillet, face à l'Inter (0-2).
Quand Monsieur Gattuso m'a envoyé à l'échauffement, je n'y croyais pas trop. On jouait l'Inter, un grand club, à l'extérieur. Rien que le fait qu'il m'envoie à l'échauffement, j'étais content. Mais au moment d'entrer sur le terrain (à 7 minutes de la fin du match), j'ai touché cinq fois mon genou. Je me suis parlé à moi-même, pour me dire : n'aie pas peur, vas-y. Il y avait une appréhension. Quand je suis entré, sur les dix premières secondes, j'ai senti une petite appréhension, puis quand Allan m'a donné le ballon, pour ma première touche, je n'ai pas fait le foufou (sourire). Je l'ai donné à mon défenseur et je me suis replacé. Après, j'ai fait quelques accélérations et ça s'est bien passé. Ce que je retiens, c'est que j'ai joué quelques minutes avant la fin du Championnat et c'est important pour moi.
Rappelez-nous comment vous vous êtes blessé.
Je ne l'ai pas vu venir cette blessure. J'enchaînais bien entre le Championnat et la C1, je me sentais bien. Ça s'est fait sur une accélération (le 27 octobre, sue le terrain de la SPAL, 1-1), Allan m'a donné le ballon en profondeur, j'ai voulu centrer en une touche et mon pied droit est resté bloqué, j'ai tourné mon corps. J'ai entendu une espèce de « Po ». Je ne savais pas ce que c'était, un croisé. Je ne connaissais pas la sensation, le bruit que ça fait. Je me suis relevé, j'ai senti que ça n'allait pas, mais j'arrivais à marcher, alors je suis revenu sur le terrain. Quand le ballon a changé d'aile, je me suis tourné et je suis tombé tout seul. C'est là que j'ai compris.
« Le confinement a été très dur mentalement car il était très strict »
Comment s'est passée votre rééducation ?
On n'a pas perdu de temps, je suis parti voir le professeur Mariani à Rome. Tous les gens qui se font les croisés en Italie vont le voir, c'est vraiment le spécialiste. J'ai été opéré le 30 novembre. Pour la rééducation, j'ai préféré faire les premiers jours à Villa Stuart (une clinique privée), à Rome, puis j'ai fait confiance au staff médical du club car il y avait déjà eu pas mal de « croisés » chez nous entre Insigne et Milik, donc je suis revenu à Naples. D'ailleurs, je remercie le staff médical et les kinés pour leur accompagnement.

Le confinement, je l'ai passé à Naples, tout seul. Il a été très dur mentalement car il était très strict. Il n'y avait pas personne dehors. J'avais besoin de mobilité mais les kinés ne pouvaient pas venir me voir et je n'avais pas les appareils nécessaires pour ma rééducation. Donc j'ai perdu deux mois. Ça forge un mental. Mais bon, comme le calendrier a été décalé, on peut aussi dire que j'ai gagné deux mois de compétition, ce qui m'a permis de rejouer mardi.
« Quand il fallait faire des conservations, j'étais le joker, on ne pouvait pas m'attaquer. J'en souris parce qu'on ne se rend pas compte, mais c'est vraiment un soulagement. »
Pensiez-vous pouvoir reprendre dès fin juillet ?
Quand un joueur se fait les croisés, il a envie de revenir rapidement mais c'est un piège car tu peux te « re-péter ». Heureusement, j'ai eu de bons exemples : Insigne, Milik, Ghoulam, qui m'ont dit de prendre mon temps, de bien renforcer mes muscles. J'ai commencé avec des appareils qui permettent de plier le genou à 90 degrés, un travail à la piscine, puis avec le sable, pour les appuis, et ensuite j'ai intégré petit à petit le groupe, mais sans duels. Quand il fallait faire des conservations, j'étais le joker, on ne pouvait pas m'attaquer (il se marre). J'en souris parce qu'on ne se rend pas compte, mais c'est vraiment un soulagement. Quand tu réintègres le groupe, tu es heureux. Il faut vraiment comprendre que c'est une blessure avec laquelle tu souffres. Au début, on se réveille dans la nuit, on a mal. Un moment donné, tout va bien, le lendemain, le genou regonfle. Tu commences à douter. Il faut être fort mentalement.
Parlons de la C1. Naples est toujours dans le coup après le match aller face au Barça (1-1). Comment envisagez-vous le retour, ce samedi, au Camp Nou ?
C'est l'objectif numéro 1 puisqu'en Championnat on est sûrs d'être 7es. Et on a gagné la Coupe, on est sûrs de jouer la Ligue Europa. Donc on sait que c'est le match le plus important. Le Barça n'est pas très bien mais ça reste Barcelone, avec le meilleur joueur du monde. Et nous, on a l'un des meilleurs défenseurs du monde (Koulibaly), on a aussi des joueurs de qualité. Donc on y va avec beaucoup de confiance. On sera prêts.

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Un mot, aussi, sur l'Atalanta. Quel peut être le principal danger pour le PSG ?
J'ai vu que les gens, en France, se réjouissaient que ce soit l'Atalanta. Mais, pour moi, c'est un tirage très compliqué. L'Atalanta, c'est minimum 3 buts par match, c'est un 3-5-2 rodé, c'est athlétique, ça ne lâche rien, ils sont tous grands et ils ont Gomez, le danger numéro 1, qui organise tout. Il ne faut vraiment pas les prendre à la légère.
« Il (Gattuso) sait comment nous parler, nous motiver. Il nous crie dessus, il met tout son coeur, mais on sait que c'est pour nous faire progresser. »
Revenons au Napoli. Vous avez gagné la Coupe face à la Juve (0-0, 4-2 aux tirs au but, le 17 juin). Comment célèbre-t-on un trophée au temps du Covid-19 ?
Ça nous tenait à coeur de gagner la Coupe et quand on est rentrés à Naples, c'était blindé. On était trois, quatre joueurs par taxi, et les supporters nous attendaient tous à l'aéroport, on ne pouvait pas passer. Limite, ils renversaient le taxi ! Et dans la ville, il y avait des pétards, c'était la fête. Covid ou pas, on était très contents. On avait battu la Juve, quand même.

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Quelle relation entretenez-vous avec votre coach, Gennaro Gattuso ?
Il connaît vraiment bien le foot et, humainement, c'est une très belle personne, qui défend ses joueurs. Je m'entend super bien avec lui, on est complices. Il a souvent pris de mes nouvelles pendant ma blessure. Monsieur Gattuso a la particularité d'apporter sa grinta, plus d'agressivité. Il sait comment nous parler, nous motiver. Il nous crie dessus, il met tout son coeur, mais on sait que c'est pour nous faire progresser. Quand on sort de sa causerie, on est vraiment prêts. Tactiquement, on se base en fonction de l'adversaire. Et on reproduit en match ce qu'on fait à l'entraînement, ça marche. Quand un entraîneur fait bien son travail, c'est toujours bien de le dire.
« Je suis à Naples, j'ai un contrat à Naples. Je ne me pose pas la question de bouger. »
On vous sent assez proches.
Il aime trop me taquiner. Deux jours après son arrivée au club (en décembre), alors qu'on ne se connaissait pas encore, il m'a mis une baffe derrière la nuque. Pour lui, ça voulait dire bonjour. Et lui, quand il met des coups, il met des coups (il se marre).
La concurrence est accrue à votre poste avec le capitaine de l'Albanie, Elseid Hysaj (26 ans) et Giovanni Di Lorenzo (26 ans), qui a fêté ses premières sélections avec l'Italie en fin d'année dernière. Comment envisagez-vous la suite ?
Pour l'instant, je suis sous contrat (jusqu'en 2022), ma tête est à Naples. Mon objectif, c'est vraiment de continuer à bosser physiquement et d'être prêt. Je suis à Naples, j'ai un contrat à Naples. Je ne me pose pas la question de bouger.
Pour finir, un petit mot sur les Bleus. Avant la Coupe du monde 2018, vous étiez observé par le staff de Didier Deschamps. L'Euro a été décalé d'un an, le poste de latéral droit semble assez ouvert... Est-ce un objectif envisageable ?
Ça reste dans un coin de ma tête. Tout est possible quand tu joues dans un club comme Naples. Forcément, tu peux y croire. Mais là, le plus important, maintenant que mon genou est rétabli, c'est de retrouver les sensations de la compétition. L'objectif, c'est vraiment de revenir bien, petit à petit. »
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