Transféré à l'OL, Tino Kadewere a été prêté à son ancien club, Le Havre, jusqu'à la fin de la saison. (S. Boue/L'Equipe)
Transferts - OL

Transferts : comment Le Havre avait recruté Tino Kadewere, nouveau joueur de l'OL

Le club normand, qui garde l'attaquant en prêt jusqu'en juin après l'avoir transféré à Lyon, avait réussi à attirer le joueur au terme d'un coup de poker.

Florian Maurice et les recruteurs lyonnais n'ont pas eu besoin d'user tous les stratagèmes possibles pour observer Tino Kadewere et se renseigner sur le phénomène. L'attaquant zimbabwéen a commencé à empiler les buts sur les terrains de Ligue 2, dont il est le meilleur buteur, avant que l'OL ne décide de le recruter et de le laisser en prêt jusqu'à la fin de la saison au Havre.
Un an et demi plus tôt, les recruteurs du club normand ont dû être beaucoup plus imaginatifs et persuasifs aussi au moment de défendre ce dossier très particulier auprès de leurs dirigeants. Le HAC traverse alors une intersaison mouvementée entre le transfert de leur buteur Jean-Philippe Mateta (à Mayence) et le départ du directeur général, Arnaud Tanguy, pour le rival honni, Caen. « On avait décidé de travailler à la vidéo sur la Scandinavie et la Suède en particulier, se rappelle Oswald Tanchot, l'entraîneur de l'époque. On voulait explorer d'autres terrains d'autant que les joueurs qui passent là-bas sont réputés pour leur sérieux et leur capacité d'adaptation. J'étais en vacances et Jérôme (Fougeron) m'a appelé pour me présenter une short-list avec trois ou quatre noms dont celui de Tino. »
Cet ancien recruteur de Toulouse a eu « un coup de coeur » en visionnant plusieurs heures d'image de Kadewere, attaquant de Djurgardens. « J'ai tout de suite eu la petite lumière qui s'est allumée dans les yeux, dit-il. Le joueur avait vraiment quelque chose de différent des autres. » Il connaît cette sensation lui qui avait déjà déniché Wissam Ben Yedder en CFA à Alfortville avant de convaincre Alain Casanova de le recruter au Téfécé, dix ans plus tôt.
«Il y avait trop de risques : un joueur qu'on n'avait jamais vu jouer en live, blessé et trop cher à la base»
Il a dû être convaincant, encore une fois, puisque la situation s'est vite compliquée avec Kadewere, alors ciblé par le Standard de Liège et plusieurs clubs de Bundesliga. « Par hasard, un agent (Jihed Taniche) m'a appelé quelques jours plus tard pour me proposer un attaquant de Djurgardens (Aliou Badji) !, se remémore Fougeron. Je lui ai dit : "Ce n'est pas lui que je veux, c'est l'autre !" Il se trouve qu'il représentait aussi Tino. Mais il m'a annoncé que le prix (4 M€) serait trop élevé pour nous. » Bernard Pascual est toutefois dépêché sur place afin de valider toutes ces premières bonnes impressions mais le responsable du recrutement du Havre ne peut rien noter : au bout de cinq minutes de jeu, l'attaquant se blesse. « Cinq jours plus tard, on nous a annoncé le diagnostic : rupture du ligament latéral interne, stade 1, explique Tanchot. C'est à ce moment-là que tout le monde au club a freiné. Il y avait trop de risques : un joueur qu'on n'avait jamais vu jouer en live, blessé et trop cher à la base. »
Tino Kadewere, le serial buteur au parcours peu ordinaire
Mais le technicien y croit encore et avec l'aide de Fougeron et de Mohamed El Kharraze, un dirigeant chargé de l'aspect financier, il finit par convaincre le président Volpe de tenter le pari. Kadewere se déplace au Havre afin de passer des examens médicaux plus poussés avant finalement de signer en juillet 2018. Montant de l'opération : 2 M€. Passé recruteur à Lorient, depuis le 1er janvier, Fougeron conclut amusé : « S'il n'avait pas été blessé, il n'aurait certainement jamais signé au Havre ! »
Réagissez à cet article
500 caractères max
ADS :