ruffier (stephane) (P.Lahalle/L'Equipe)
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Stéphane Ruffier (Saint-Etienne), gardien du temple vert

Dimanche, le portier disputera son 304e match de L1 dans le but stéphanois, battant ainsi le record du mythe Curkovic. FF a convoqué ses prédécesseurs pour parler de la trace qu'il imprime à l'ASSE. Voici deux témoignages.

Chez les Verts, le présent se conjugue souvent avec le passé. Alors, voir le nom d'Ivan Curkovic surplombé par celui de Stéphane Ruffier au nombre de matches disputés par un gardien de l'ASSE en Championnat, c'est forcément quelque chose qui fait sens. Évidemment, il n'est pas question ici de comparer l'incomparable. Curkovic, portier mythique des Verts, finaliste de la Coupe d'Europe des clubs champions 1976 (et accessoirement quadruple champion de France) reste unique pour l'éternité. Mais ce que réalise Stéphane Ruffier depuis son arrivée en 2011 est considérable, avec notamment une victoire en Coupe de la Ligue en 2013, premier trophée du club depuis 1981, et le titre de champion glané sous la conduite d'un certain... Curkovic. D'où l'idée de donner la parole à d'anciens gardiens de Saint-Étienne, les mieux à même de mesurer la portée de ce record et de ce passage de témoin.

Ivan Curkovic (à Saint-Étienne de 1972 à 1981) : «Chapeau à lui !»

«J'ai appris que mon record allait être battu par un très gentil message de Fabrice Grange, l'entraîneur des gardiens stéphanois, la semaine dernière. J'ai trouvé ça très élégant et je lui ai répondu que les records étaient faits pour être battus et que j'espérais que Stéphane allait continuer longtemps comme ça. Je n'éprouve aucune jalousie. En revanche, ce que j'ai vécu avec les Verts, personne ne pourra jamais me le prendre. Saint-Étienne reste mon club de cœur. Je ne veux donc que du bien à l'ASSE et j'ai d'ailleurs dit aux dirigeants de tout faire pour garder Ruffier, car il est très fort. Bien sûr, on ne peut pas comparer nos époques respectives. Mais, dans les conditions actuelles, je trouve ça très bien d'avoir retrouvé régulièrement la scène européenne. Et Stéphane Ruffier a contribué à ce retour à un niveau européen. Donc, chapeau à lui !»

Dominique Casagrande (Saint-Étienne de 2001 à 2003) : «Curkovic dans la légende, Ruffier dans l'histoire»

«Il faut un mental d'enfer quand on est gardien pour rester aussi longtemps au même endroit. Être au taquet tous les jours, ne pas montrer une seule faiblesse, un seul relâchement, sinon la confiance des partenaires et du staff est tout de suite ébranlée. Alors que quand on change de club tous les deux ou trois ans, on se remotive, on découvre un autre lieu, d'autres méthodes, ça rebooste. Mais Ruffier a visiblement construit une bulle qui lui permet de ne pas avoir la moindre démotivation et de rester performant semaine après semaine. Une telle carapace, ça lui a coûté des choses car il s'est peut-être fermé certains horizons, que ce soit pour aller plus haut en club ou en équipe de France. Mais il réussit un truc énorme à Sainté, où il y a une grande pression populaire mais aussi une vraie tendresse pour les gardiens. Peut-être parce qu'à Geoffroy-Guichard, le public est très proche du terrain et que le gardien reste près d'eux en permanence. Peut-être aussi parce que quelqu'un comme Curkovic a donné ses lettres de noblesse à ce poste chez les Verts, car on sait que là-bas le passé reste très présent. Finalement, on pourra résumer en disant que Curkovic est dans la légende et Ruffier dans l'histoire. Et c'est déjà immense !»
Dave Appadoo
Stéphane Ruffier, gardien du temple vert, un dossier à retrouver en intégralité dans le France Football actuellement en kiosques ou ici en version numérique.
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