RUSTENBURG, SOUTH AFRICA - JANUARY 15, Jordan and Andre Ayew of Ghana during the International Friendly match between South Africa and Ghana from the Royal Marang Sports Palace on January, 15, 2012 in Rustenburg, South AfricaPhoto by Lefty Shivambu / Gallo Images *** Local Caption *** (L'Equipe)
CAN 2019 - Ghana

Que deviennent Jordan et André Ayew, finalistes de la CAN en 2015 avec le Ghana ?

Quatre ans après avoir échoué d'un rien en finale de la Coupe d'Afrique des nations face à la Côte d'Ivoire (0-0, 8-9 aux tab), les frères Ayew reviennent sur le devant de la scène avec les Black Stars après quelques anicroches. En Egypte, les deux fistons d'Abedi Pelé remettent donc le couvert et caressent l'espoir de glaner le trophée comme leur papa en 1982.

Ils avaient quitté la pelouse du stade Nkoantoma de Bata, ville portuaire de Guinée équatoriale, avec la mine déconfite et les yeux dans le vide. À l'instar d'Abedi Pelé, leur papa, vingt-trois ans plus tôt, André et Jordan Ayew avaient vu leur rêve de sacre africain s'effondrer ce 8 février 2015 au terme d'une séance de tirs-au-but devenue légende en finale face à la Côte d'Ivoire, encore elle (0-0, 8-9 aux tab). Et qu'importe si André Ayew avait embrassé le montant de Copa Barry lors du premier acte ou que Jordan Ayew, fraîchement entré durant la prolongation, tentait tant bien que mal de mettre le feu à l'arrière-garde des Eléphants. Qu'importe aussi que les deux frangins aient réussi leur tir au but, au contraire de leur paternel, malheureusement suspendu pour la finale en 1992. Le mal est fait, la désillusion, elle, est indélébile.
Cette instabilité récurrente et leur manque de temps de jeu ne les avaient pas aidés à affermir leur statut en sélection.
Depuis, les temps ont bien changé pour les deux hommes. Tandis qu'André Ayew tutoyait les sommets de la Ligue 1 avec l'OM sous la coupe de Marcelo Bielsa en 2015, le voilà désormais prêté par Swansea à Fenerbahçe. Son petit frère, lui aussi pensionnaire du club gallois, connaît plus ou moins la même trajectoire, puisque ce dernier a été invité à plier bagage pour Crystal Palace pour une petite saison. Et si le premier a fait trembler les filets à cinq reprises et délivré une passe décisive en 29 rencontres de Championnat, participant largement au regain de forme de son escouade après un début d'exercice poussif et bosselé, le second a éprouvé toutes les peines à assouvir les besoins de son coach, Roy Hodgson. Le bilan statistique de Jordan ? Un petit pion et deux offrandes seulement en 20 matches. Bien loin des espérances et de ses précédents exercices à Lorient (12 buts en 31 matches de Ligue 1 lors de la saison 2014-2015) ou avec les Swans en 2017-2018 (7 banderilles en 36 matches). Cette instabilité récurrente et leur manque de temps de jeu ne les avaient pas aidés à affermir leur statut en sélection. Pire encore, les deux frères avaient été punis pour des raisons assez vagues par James Kwesi Appiah, le sélectionneur ghanéen, perdant même leur place dans les rangs des Black Stars d'octobre 2017 à novembre 2018. Désormais, tout va mieux. Ou presque.

Retour en grâce

De retour à l'automne 2018 donc, à l'occasion d'un match de qualification pour la CAN 2019 face à l'Ethiopie, André et Jordan Ayew reprenaient leurs aises et leurs bonnes vieilles habitudes de chefs de file des Black Stars. Tandis que le grand frère, revenu en grande pompe, conduisait le Ghana brassard de capitaine autour du bras, le cadet, lui, plantait un doublé salvateur pour donner la victoire aux siens (2-0). Quoi de mieux pour se racheter ? Et après avoir poinçonné leur ticket pour le pays des Pharaons, les deux rejetons d'Abedi Pelé ont vu la confiance de leur sélectionneur se renouveler.
André Ayew voyait son entraîneur lui offrir, définitivement, le brassard de capitaine aux dépens d'Asamoah Gyan.
Et pour cause, tandis que Jordan voyait son temps sur le pré considérablement augmenter face au Kenya (1-0), la Mauritanie (3-1) et la Namibie (0-1) en matches de préparation pour le tournoi final, André Ayew voyait son entraîneur lui offrir, définitivement, le brassard de capitaine aux dépens d'Asamoah Gyan. Et si cette nouvelle n'a pas ravi ce dernier qui avait décidé, dans un premier temps, de prendre sa retraite internationale avant de faire volte-face à la suite d'une «demande présidentielle», André Ayew, lui, prend une sacrée revanche sur un destin qui semblait lui échapper. Reste maintenant à porter haut les couleurs de son pays face au Bénin, ce mardi, dans un rôle qu'il a connu en 2009, lorsqu'il remportait, avec ses jeunes amis, la Coupe du monde U20.

Mehdi Arhab
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