da fonseca (omar) (A.Mounic/L'Equipe)
CM 2018 - Éliminatoires

Omar Da Fonseca après Equateur-Argentine : «À Barcelone, l'équipe joue pour Messi, en Argentine, la sélection se repose sur Messi»

Avec la passion qui le caractérise, Omar Da Fonseca est revenu pour FF sur le match qui a qualifié son Argentine face à l'Equateur. Il évoque les éliminatoires poussifs des coéquipiers de Lionel Messi. Mais aussi ses envolées lyriques au micro de beIN Sports.

«Omar, est-ce facile de trouver le sommeil après avoir vécu tant d'émotions devant cet Equateur-Argentine ?
Non, je me suis mal endormi, mais je me suis hyper bien réveillé (il rit.). Avec une espèce d'excitation et de gaieté. Bien sûr, je relativise, je sais que ce n'est que du football, mais aller à la Coupe du monde 2018, avec l'admiration que j'ai pour ce petit Messi...

Vos commentaires de la nuit ont fait sourire beaucoup de personnes. Franchement, Omar, chanter «Ziggy» de Céline Dion, c'était préparé ?
Non, pas du tout. En plus, je n'ai pas pu la finir. Disons que je connais beaucoup de petites chansons comme celle-là, je les ai toujours dans la tête. Je ne prépare jamais quelque chose de spécifique. Mais j'ai plein de choses à utiliser à certains moments, parce que sinon c'est répétitif. Dire tout le temps «Il frappe du plat du pied», quand tu fais trois à quatre matches par semaine...

«Si Ronaldo et Messi n'avaient pas existé en même temps, je pense que je serai sous un pont en train de chanter un beau tango»

Mais cette rencontre capitale et cette tension ont permis de vous lâcher...
Comme je le dis tout le temps : en dehors du côté originalité de mon accent, et de ma manière de commenter, car pour moi, c'est léger, il ne faut pas prendre ça trop au sérieux. J'ai le privilège et la chance de voir Messi et Ronaldo. S'ils n'avaient pas existé en même temps, je pense que je serai sous un pont en train de chanter un beau tango.
 
En tout cas, merci pour l'hommage à la chanson francophone avec Céline Dion et Johnny Hallyday...
(Il rit.) J'en sors beaucoup. La dernière fois, c'était Lara Fabian.

Décrivez-nous le visage de Benjamin Da Silva, votre partenaire à l'antenne, au moment où vous vous lâchez ?
(Il sourit.) C'est toujours lui qui est le plus en souffrance. Mais il met du sien dans plein de choses. Des fois, il rigole, des fois, il me demande ce que je raconte. Des fois, je me lève, je m'exprime avec les mains, les bras, les épaules, la tête, comme en Argentine. Bon, parfois, quand je suis trop long par exemple, il me fait des petits gestes. Désormais, on se connait beaucoup. Mais je tiens à le mettre en valeur. Heureusement que je travaille avec lui. Ce n'est pas permis à tout le monde d'accepter le fait que je parle trop, que je lui crie dans les oreilles ...
Da Silva - Da Fonseca, duo inséparable. (N.Luttiau/L'Equipe)
Da Silva - Da Fonseca, duo inséparable. (N.Luttiau/L'Equipe)

«Sampaoli arrive en Argentine, où il y a Messi, Higuain, Agüero, Icardi, Dybala et 50 000 autres mecs, et il fait jouer Benedetto ou Mercado !»

Plus sérieusement, sur 20, quelle note avez-vous envie de donner à l'Argentine sur ces éliminatoires du Mondial ?
Six, sept, pas plus. L'un des problèmes concerne le principe et la vision de jeu de cette équipe. Ne pas accepter que Lionel Messi est un joueur qui doit être entouré au plus proche de la surface adverse, c'est nier une évidence totale. Il réussit ce qu'il fait à Barcelone parce qu'il a des Jordi Alba, Sergi Roberto, Iniesta qui sont presque toujours devant lui. Messi a ainsi cinq à six joueurs plus haut sur le terrain pour organiser. Il se sert d'eux. Quand tu joues avec l'Argentine, déjà, les quatre défenseurs sont toujours à 50 mètres derrière ; même chose pour les deux milieux défensifs, Biglia, Enzo Perez ou d'autres ... L'entraîneur péruvien l'avait très bien dit : «Que ce soit Mercado ou Acuna qui ont la balle, ce n'est pas un problème pour l'équipe adverse. Nous, on joue contre Messi.» Et ça, c'est une évidence !
 
Dans l'histoire, n'est-ce pas Jorge Sampaoli, le sélectionneur argentin, qui a été le plus décevant après sa belle saison à Séville ?
Quand il était à Séville, j'allais dans les conférences de presse, et il te vendait du rêve ! «Les latéraux et les milieux doivent aller vers la surface adverse, et je veux évoluer avec plusieurs éléments offensifs.» Il arrive en Argentine, où il y a Messi, Higuain, Agüero, Icardi, Dybala et 50 000 autres mecs, et il fait jouer Benedetto ou Mercado ! Mercado, c'est un joueur digne d'un stoppeur des années 60 ! On peut mal jouer, ça, d'accord, mais rien que dans la vision du jeu et la perspective qu'on veut se donner, la sélection d'un paquet de joueurs fait presque comprendre qu'on veut "jouer à ne pas jouer", et laisser Messi faire l'exploit à chaque fois. À Barcelone, l'équipe joue pour Messi ; en Argentine, la sélection se repose sur Messi. On lui passe la balle et on lui dit «Vas-y petit, essaie d'éliminer les 11 titulaires et les tous les remplaçants adverses». C'est inadmissible !

«On est en train de galvauder une génération de joueurs magnifiques»

En dehors du terrain, n'y a-t-il pas non plus un problème au niveau de la relation entre le peuple, les médias locaux, et cette sélection d'Argentine ? C'est comme si les joueurs sont presque tétanisés lorsqu'ils portent le maillot de leur pays...
J'en parle avec des gens sur place. Et des bruits expliquent que c'est Messi qui fait l'équipe, qui ne veut pas ceci ou cela. On ne saura jamais la vérité. Mais moi, je pense à un joueur comme Dybala : pourquoi le mec n'a pas joué (aucune minute face au Pérou et en Equateur) ? Il y a des choses qui me dépassent complètement... Je sais que, politiquement, au niveau de la fédération, c'est compliqué et qu'au sein de la population, beaucoup sont contre cette équipe. Par moment, tu te dis «Mais quel gâchis !». On est en train de galvauder une génération de joueurs magnifiques. La qualité est complètement à l'opposé du rendement.
 
Avec cet effectif, on pourrait en faire facilement un favori pour le Mondial. Aujourd'hui, cette option semble si lointaine, non ?
Oui. Mais je me souviens déjà de la dernière Coupe du monde qui avait été compliquée. On a battu 1-0 l'Iran et la Suisse, je ne sais pas comment on est arrivés à éliminer la Belgique (1-0 en quart de finale) ... (Frustré par sa situation, il revient sur le sujet Dybala) Pour revenir à Dybala : il paraît que Valverde (le coach du Barça) n'en a pas voulu parce qu'il ne peut pas jouer avec Messi. Et Sampaoli aurait pensé la même chose. Moi, je suis désolé, à l'école de foot, on me disait : «Si tu mets deux ou trois joueurs qui savent contrôler le ballon, faire des passes, dribbler, c'est quand même mille fois plus facile de jouer.» J'ai du mal à comprendre comment on n'a pas pu aligner l'association Dybala-Messi, avec un troisième joueur, que ce soit Agüero ou Icardi. Mais il faut trouver une association ! Comme l'a d'ailleurs fait le Brésil autour de Neymar et Coutinho, avec Gabriel Jesus. On doit avoir notre trio, et ensuite, comme le Brésil avec trois mecs qui ont de la tonicité au milieu comme Paulinho, Fernandinho, ou Casemiro, qui ne sont pas des artistes. Quant aux latéraux, c'est assez incroyable : on a zéro latéral dans le foot argentin !

Da Fonseca : «Sampaoli va se faire massacrer»

À huit mois de la Coupe du monde, Jorge Sampaoli est-il le plus sous pression dans cette sélection ?
Oui, parce qu'encore une fois, il a laissé entrevoir beaucoup d'illusions. Dans les actes, il a démontré tout le contraire. Tout ce qu'il raconte est faux. Là, il va se faire massacrer. Un exemple avec Pizarro, qu'il avait fait venir à Séville. Sampaoli a dit que ce serait son référent. Il le fait jouer contre l'Uruguay et le Venezuela en septembre, et un mois plus tard, il n'est même pas convoqué ! Il fait tout et son contraire. Là, il est fragilisé, car la qualif' n'est pas pour lui, elle est pour Messi.
 
Le plus grand défi de cette sélection n'est-il pas de retrouver la confiance de ses supporters, pour être unis en Russie ?
Retrouver, je ne sais pas. En Argentine, le public va adhérer. Une Coupe du monde signifie énormément en Amérique du Sud. On va se réfugier dans la personne du petit bonhomme (Lionel Messi). Aujourd'hui, on le charge en disant qu'il n'a pas gagné avec l'équipe nationale. Mais on s'en fout de ça ! Personnellement, il m'a tellement gratifié de son talent, de l'influence dans les matches que, de mon vivant, et en tant qu'Argentin, je ne pourrai pas voir ça ailleurs. J'espère que son moteur sera l'envie de continuer à jouer. Jamais je ne le critiquerai s'il ne soulève pas une coupe.»
Timothé Crépin 
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lcalando 12 oct. à 14:46

Sampaoli a fait ce qu'il a pu en 4 matchs . Il a déjà réussi à ce que Messi en mette 3 avec l'Argentine ce qui fut une 1ère. Maintenant il va avoir le temps de construire une équipe pour véritablement aider Messi ... On en parle en 2018 ... si Dios quires !!

lcalando 12 oct. à 14:38

La suite : Pour Mercado ok . Mais qui y a t il en défense d'autre ? Pour Dibala et Icardi, Sampaoli les a aligné contre le Venezuela pour un triste 00 (Aussi afligeant que notre 00 contre le Luxembourg ) Icardi qui est rentré a 10 mn de la fin du match s'est mangé le 4-1

lcalando 12 oct. à 14:26

Querido Omar je découvre avec surprise que t'aime pas Sampaoli ? Pourquoi ? Plus que Séville il a été top avec le Chili pendant 3 ans jusqu'à gagner la copa America. C'est un adepte du jeu offensif, admirateur de Bielsa. Que más ! Il a repris la sélection Argentine en pleine déperdition seulement le en juin . Tu préférais Bauza ouMartino ?