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Lucas Hernandez : «J'avais envie de me mettre en danger»

Après dix-huit ans passés en Espagne dont douze à l'Atlético Madrid, le défenseur international a décidé de changer de pays, de club, de vie. Pour FF, il raconte ses découvertes au Bayern, ses difficultés, ses envies, ses espoirs. Extraits.

La vie en Allemagne

«Ça va, mais c'est très différent. J'étais habitué à Madrid, je vivais là-bas depuis toujours. Là, je découvre un pays et une culture différents. Je m'habitue petit à petit. Et je n'ai pas encore affronté l'hiver allemand ! On m'a dit que ça allait être vraiment froid (rire). Le plus dur ? Les horaires des repas ! Je ne suis pas habitué à manger à midi. En Espagne, je mangeais à 14 heures 30, 15 heures. Pareil le soir. Quand on est avec le club, tu dînes à 19 heures. Pour l'instant, c'est dur. A 23 heures, j'ai la dalle de ouf. J'en ai discuté avec le préparateur physique. Je mange un petit truc à 19 heures et il m'apporte un autre plat à 22 heures 30 dans ma chambre pour le dîner. Sinon, je crève la dalle et je dors mal. Mais ça va venir. Je vais m'adapter à tout ça, à cette nouvelle culture. Pas de problème.»

Son choix de rejoindre le Bayern

«Il y avait d'autres clubs intéressés et j'avais tout ce qu'il me fallait à Madrid. J'étais très bien là-bas. J'ai tout mis sur la table, j'ai réfléchi, j'ai parlé avec ma famille. Au final, c'était le bon moment pour moi de changer de vie, de ville, de culture, de pays, d'aller voir autre chose. Le Bayern correspond à mon profil, à ma mentalité, à mes ambitions. Les dirigeants et les joueurs m'ont raconté que j'allais intégrer une famille. C'est la vérité. Et puis le Bayern est un club historique. Il représente tellement de choses dans le monde. J'ai déjà une belle petite expérience et un beau palmarès, mais je suis un gros compétiteur et je veux remporter encore plus de titres. Le Bayern est une machine à gagner. C'était parfait pour moi. Il y a une vraie progression en venant au Bayern. (...) Je voulais aussi passer un cap. En allant au Bayern, j'intègre l'un des meilleurs clubs du monde. J'ai voulu me mettre un peu de pression, arriver dans un club différent, où la langue et la culture sont différentes, me mettre en danger, ne pas rester dans mon petit confort de Madrid. En fait, c'est ça, j'avais envie de me mettre en danger.»

Ses premières impressions sur le Bayern

«En fait, tu te rends vite compte que c'est un vestiaire normal, où tout le monde est tranquille. Ce n'est pas un vestiaire où il y a des clans. Tout le monde parle avec tout le monde. Les gens sont très simples.»
«Il y a déjà la dimension de ce club, tout ce qu'il représente et son histoire. Quand ils te montrent tout ce qu'ils ont gagné, c'est impressionnant. Et puis il y a le vestiaire. Dans ta tête, tu te dis : "Waouh, ça doit être énorme !" T'as des joueurs stratosphériques comme Lewandowski ou Müller, qui ont tout joué, tout gagné. Et en fait, tu te rends vite compte que c'est un vestiaire normal, où tout le monde est tranquille. Ce n'est pas un vestiaire où il y a des clans. Tout le monde parle avec tout le monde. Les gens sont très simples. J'ai aussi rencontré Franck Ribéry, très peu de temps. Il a été super gentil avec moi, m'a beaucoup parlé, donné des conseils. C'est un super gars. Vous ne pouvez pas imaginer à quel point les gens l'aiment là-bas. C'est une légende.»

Son n°21, celui de Philipp Lahm

«Pendant nos discussions, ils m'ont demandé quel numéro je voulais. Je leur ai dit le 21. Je suis champion du monde avec le 21. A L'Atlético, j'arrive, je prends le 21, on gagne la Supercoupe d'Europe. Je leur dis que c'est un numéro que j'aime bien et que s'ils pouvaient me le donner, ce serait bien. Ils m'ont répondu que c'était celui de Philipp Lahm et que personne ne l'avait pris depuis sa retraite. Je leur dis : "OK, vous pouvez me le donner ou pas ?" Là, ils me disent qu'ils me le donnent si je viens chez eux. Encore une fois, c'est une preuve de la confiance qu'ils ont placée en moi. Là, tu te rends compte qu'ils sont vraiment intéressés et qu'ils sont prêts à tout pour toi. Ils l'avaient déjà prouvé en me prenant alors que mon genou était en mauvais état. 90 % des clubs n'auraient pas acheté un joueur blessé. Le Bayern était confiant. Ils savaient que ma blessure était importante, mais que si je récupérais bien et que je faisais tout bien, ça irait.»
Olivier Bossard
Lucas Hernandez : «J'avais envie de me mettre en danger», un entretien à retrouver en intégralité dans le France Football en kiosque mardi ou ici en version numérique dès lundi à partir de 18 heures.

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