RIO DE JANEIRO, BRASIL - JUNIO 28: Lionel Scaloni Director Tecnico de Argentina da instrucciones durante el juego de 4tos de Final de la Copa America Brasil 2019 en el estadio Maracana 28 de Junio de 2019 en Rio de Janeiro, Brasil. (Foto: Gustavo Ortiz/Jam Media). (Gustavo Ortiz/JAM MEDIA/PRESSE/PRESSE SPORTS)
Amical

L'Argentine entame sa mue

Sélectionneur depuis 2018, Lionel Scaloni est en train de changer le visage de l'Argentine. Après avoir écarté certains cadres historiques de l'Albiceleste, l'ancien milieu décide maintenant de s'appuyer sur les jeunes, avec un objectif en tête : la Coupe du monde 2022.

A y regarder de plus près, le groupe argentin retenu pour les deux matches amicaux d'octobre (contre l'Allemagne puis l'Equateur) réserve quelques surprises. Evidemment, en premier lieu, il y a l'absence de Lionel Messi, qui se justifie par la suspension du quintuple Ballon d'Or FF suite à ses propos sur l'arbitrage après la Copa America. Mais il y a aussi l'absences des "grosses têtes" de la sélection : Aguero, Di Maria, Higuain, Mascherano, pour ne citer qu'eux, ne font pas partie de la liste de Lionel Scaloni. Ainsi, un seul joueur ayant participé à la Coupe du monde 2014 a été appelé (Marcos Rojo). Une vraie révolution.

Un changement qui s'explique par plusieurs facteurs, selon le quotidien argentin Olé : «Mascherano, Biglia et Higuain ont décidé de se mettre à l'écart de la sélection. Mais il y a des cadres qui sont toujours sélectionnables, et que Scaloni a décidé de ne pas convoquer... Ainsi, Zabaleta, Garay, Lavezzi, Enzo Pérez, Sergio Romero et Gago sont toujours aptes, mais ne font pas partie du cycle Scaloni. Di Maria semble aussi, pour le moment, pouvoir dire au revoir à l'équipe nationale...». Le cas de Sergio Aguero est encore un peu différent. Le buteur de Manchester City fait partie du projet de Scaloni, mais ce dernier préfère lui laisser le temps de se remettre parfaitement en forme d'un point de vue physique, avec en vue les qualifications pour la Coupe du monde 2022 qui débutent en mars 2020.

Une liste composée principalement de joueurs "européens"

En plus de tous ces absents, Scaloni a décidé de ne pas s'appuyer sur le vivier de joueurs de Boca Juniors et River Plate, puisque les deux équipes s'affrontent le 23 octobre prochain pour la demi-finale retour de Copa Libertadores. C'est donc l'occasion idéale pour le sélectionneur argentin de tester des joueurs. Dans le but, en l'absence d'Armani et Andrada (qui jouent respectivement à River plate et Boca Juniors), Marchesin (31 ans, 5 sélections) tient la corde pour débuter les deux rencontres amicales. Titulaire au FC Porto, il a la confiance de son sélectionneur, qui l'avait déjà aligné face au Chili en septembre (match nul 0-0).

En défense, Scaloni s'est appuyé sur un réservoir composé majoritairement d'éléments évoluant en Europe. Des jeunes pas encore titulaires dans des grandes écuries (Foyth, 21 ans à Tottenham et Balerdi, 20 ans à Dortmund) ainsi que des joueurs plus expérimentés : Saravia, 26 ans et au FC Porto depuis cet été, Pezzella, 28 ans et plus de 130 matches en Europe (avec le Betis et maintenant la Fiorentina), et surtout Otamendi et Tagliafico (plus de 80 sélections à eux deux). Au milieu, des jeunes évoluant dans le Championnat argentin (Zaracho, Racing Club, une sélection avec l'Argentine ; Dominguez, Vélez Sarsfield, deux sélections) côtoient des joueurs confirmés en Europe (Paredes, De Paul, Pereyra, Angel Correa, Ocampos, Lamela). Enfin, les quatre attaquants évoluent en Europe. Deux sont des habitués de la sélection (Lautaro Martinez et Paulo Dybala), alors que les deux autres sont des jeunes qui commencent à s'affirmer en Allemagne (Nicolas Gonzalez avec Stuttgart, Alario avec Leverkusen).
Sur les 26 joueurs convoqués par Scaloni, 22 évoluent en Europe, et seulement deux en Argentine. Un vrai choix fort. L'ancien milieu de l'Albiceleste (7 sélections) a aussi fait le pari de rajeunir son équipe. La moyenne d'âge est ainsi de 25 ans, pour 13 sélections. C'est très peu, et cela peut être considéré comme une vraie révolution quand on sait que l'Argentine était la quatrième équipe avec le plus vieil effectif de la Coupe du monde en Russie (28,7 ans en moyenne), et avait des statistiques similaires en 2014 (28,5 ans en moyenne). Le sélectionneur sait qu'il doit renouveler un effectif vieillissant, pour lancer un nouveau cycle. Ce qu'avait su faire Didier Deschamps avec la France : un mix équilibré entre jeunes et joueurs plus confirmés (les Bleus avaient 26 ans de moyenne d'âge en Russie, deuxième équipe la plus jeune de la compétition).

Des cadres qui doivent devenir des leaders

La différence est que le sélectionneur français avait pu s'appuyer sur des cadres qui avaient assumé leurs responsabilités (Griezmann, Pogba, Varane, Lloris...). Avec ses choix, Scaloni veut justement pousser certains joueurs à prendre une importance nouvelle. En défense, Otamendi et Tagliafico, en pleine confiance à Manchester City et l'Ajax Amsterdam, doivent devenir les tauliers attendus, et faciliter l'intégration des plus jeunes. Au milieu de terrain, Paredes, s'il n'est pas au niveau attendu au PSG, est déjà un cadre de l'Albiceleste. Elu dans le onze type de la dernière Copa America, il est le vrai patron de l'entrejeu argentin. A ses côtés, Giovanni Lo Celso est amené à occuper un rôle important, mais est pour le moment blessé. Un joueur comme Erik Lamela, qui évolue depuis presque dix ans au plus haut niveau européen, est aussi poussé à prendre plus de responsabilités par Scaloni.

Mais le cas le plus significatif est celui de Paulo Dybala. Pour le moment, malgré son talent indéniable, le numéro 10 de la Juve peine à devenir un taulier de la sélection. Après une Copa America décevante cet été, Olé avait ainsi ciblé les manques de l'ancien joueur de Palerme : «on lui demande de reproduire en sélection son jeu et ses tours qui ont fait de lui un joueur de tout premier plan en Italie. Il devrait allumer la lumière lorsque Messi n'est pas là. Jusqu'à présent, il n'a pas été à la hauteur. Il a 25 ans, ce n'est plus une promesse». Un statut pour le moment endossé par Lautaro Martinez. Le buteur de l'Inter Milan a inscrit 9 buts en 13 sélections, dont un triplé en première période face au Mexique en septembre. Tous ces joueurs doivent profiter de l'absence de Messi pour assumer leurs responsabilités. A son retour, le génie du Barça aura bien besoin de leur aide pour essayer d'aller conquérir son premier grand trophée international.
Antoine Malosse
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alainbanana1 10 oct. à 15:40

Lautaro Martinez est peut -être l'équipier qui manquait à Léo Messi en 2014: il est intéressant dans ses déplacements sans ballon, et ne doute que rarement devant le but. J'espère que la suite me donnera raison

armellasebastien 9 oct. à 15:41

L'éternel questionnement sur l'Argentine . Un culture du jeu indéniable qui ne s'affirme pourtant que trop rarement , un réservoir de jeunes joueurs mais pour la trêve internationale les joueurs de Boca et River préparent leur 1/2 de Libertadores , des Cracks qui ne retrouvent pas leur niveau sous les couleurs nationales . A quand le retour d'une équipe d'Argentine qui joue bien , qui gagne et qui fait peur ?

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