imorou (manu) (S.Boue/L'Equipe)
Belgique

Emmanuel Imorou, ancien joueur de Caen prêté au Cercle Bruges : «Neymar, j'aurais été content de l'affronter»

Emmanuel Imorou (29 ans) a quitté la Ligue 1 cet été en toute fin de mercarto. L'ancien défenseur de Caen a été prêté une saison avec option d'achat au Cercle Bruges (deuxième division belge). Il revient sur le Championnat de France, qu'il continue de suivre, et sur son adaptation à un nouveau football...

«La Ligue 1 ne vous manque pas trop ?
Quelque part, si, ça me manque. J'aurais préféré rester en Ligue 1, c'était ma priorité. Je ne regrette en aucun cas mon choix, je m'y retrouve au final. Je continue de suivre la Ligue 1 pour garder le contact. Quand je ne joue pas au même moment, je regarde les matches. Parfois, je me concentre juste sur le match de Caen.
 
Quel regard portez-vous sur le bon début de saison du SM Caen ?
Je suis content pour eux. Après, je ne suis même pas surpris, dans la mesure où les joueurs qui sont arrivés apportent une réelle plus-value à l'équipe. Il fallait que la mayonnaise prenne. En soit, la qualité des joueurs est là. Le principal problème était de reprendre confiance par rapport à la saison dernière (Caen s'est sauvé lors de la dernière journée, en allant arracher le match nul à Paris, ndlr). À Caen, il ne faut jamais croire que tout est acquis, parce qu'on a vu par le passé que ça pouvait être parfois compliqué, mais ils ont les capacités pour faire une belle saison.
 
Il y a des joueurs de Ligue 1 qui vous manquent ?
Oui, plutôt au sein du vestiaire. Damien Da Silva, par exemple, qui est un très bon ami. On s'est vu sur Bruxelles la semaine dernière. J'ai aussi vu Dennis Appiah (Anderlecht), on était souvent ensemble à Caen. J'ai des nouvelles de Jordan Adéoti (Auxerre), dont j'étais proche. Nicolas Benezet (Guingamp), je sais que je serai amené à le revoir à un moment ou un autre, que ce soit dans le foot ou pas. On reste en contact malgré tout.
«J'ai l'impression que Paris va lâcher moins de points. Ils ont encore plus l'obligation d'être champions, avec l'arrivée de Mbappé et Neymar.»
Y'a-t-il des joueurs que vous êtes content de ne plus croiser ?
Il n'y en a pas tellement. C'est sûr qu'il y avait des joueurs dont je n'appréciais pas la personnalité, ou ce qu'ils dégageaient sur le terrain. Mais il n'y a pas de joueurs que je n'aimais pas dans le sens où j'avais peur de passer un mauvais moment (rires). Au contraire, un mec comme Neymar, j'aurais été content de l'affronter. Moi, c'est dans ces matches que je prends du plaisir. Quand j'ai joué contre Lyon, Paris, Marseille...c'est dans ces moments que le métier prend toute sa valeur.
 
Quelle analyse faites-vous de la Ligue 1, saison 2017-2018 ?
Je pense un peu comme tout le monde que Paris est ultra favori. On voit que Monaco, qui a perdu beaucoup de joueurs, continue d'être une grosse machine. L'année dernière, pendant très longtemps, on pensait que Monaco allait finir par craquer. Cela va beaucoup dépendre d'eux. J'ai l'impression que Paris va lâcher moins de points. Ils ont encore plus l'obligation d'être champions, avec l'arrivée de Mbappé et Neymar. Tout le monde a un peu l'image de Neymar qui sait faire des grigris. C'est bien plus que ça, dans sa qualité de passe, de déplacement, de contrôle, de vision du jeu...il est fort partout ! Ce sera compliqué pour les autres équipes, même si Lyon a quand même des résultats, Marseille reste une équipe qui doit accrocher une place européenne, et Nice aussi...
 
Bielsa à Lille, Ranieri à Nantes... Quel est votre avis sur les entraîneurs étrangers de L1, qui connaissent pour l'instant des fortunes diverses ?
Sur Twitter, on en parle souvent de ces débats... Je ne suis ni pro-coach français, ni pro-coach étranger... Je suis pour la meilleure solution. Je peux tout à fait comprendre qu'un club veuille avoir un coach français, ne serait-ce que pour la barrière de la langue et pour conserver une culture de club. Je peux tout aussi bien concevoir un club qui va vouloir un coach étranger pour amener des méthodes différentes. Dans le cas de Bielsa, le but est d'amener un jeu plus attirant, qui donne envie de prendre plus de plaisir dans le match, quitte à donner des points. Ce que je trouve dommage, c'est que j'ai l'impression qu'il y a un bashing avec les coaches étrangers quand ils n'y arrivent pas en France.

«On dirait que tu joues en 5-0-5»

Comment s'est passée l'adaptation à Bruges ?
Plutôt bien, parce que dans l'équipe, 90% des joueurs parlent français. Je sors d'une saison où je n'ai pas beaucoup joué (9 matches de Ligue 1 en 2016-2017), et je viens de faire sept matches en un mois. Forcément, ça tire un peu partout. On ne va pas se mentir : moi, je suis prêté, je m'y retrouve financièrement. J'avais des touches en Ligue 2, mais ce n'était tout simplement pas possible. Peut-être qu'on est perdants sur le plan de la compétitivité quand on joue le week-end, mais Bruges a des installations du niveau de la Ligue 1.
 
Par rapport à la Ligue 1, comment se situe votre Championnat ?
C'est la D2 belge, ce n'est forcément pas le niveau de la Ligue 1, mais il y a de bonnes individualités.Tactiquement, les équipes sont souvent coupées en deux, ça va très vite d'un but à l'autre. On a beaucoup moins la notion de bloc équipe, d'attaque plus posée, ça va beaucoup plus vite vers l'avant. Souvent, quand une équipe ouvre le score, l'autre équipe commence à se couper en deux. Mon premier match (contre Lierse lors de la quatrième journée, victoire 2-0, ndlr), c'était totalement ça, ce qui m'a d'autant plus surpris. Tu n'as pas le temps de souffler, on dirait que tu joues en 5-0-5 en fait !»

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